Il y a une question qui revient à chaque fois que quelqu'un annonce son trek au Népal dans mon entourage : « je prends combien de t-shirts ? ». Et à chaque fois, la personne a déjà son sac ouvert sur le lit, avec trois polaires et un jean. Le jean, c'est le premier truc que je fais retirer.
Le Népal n'est pas un pays froid. C'est un pays à quatre climats empilés les uns sur les autres, et vous allez les traverser en une semaine. À 1 300 mètres, dans la vallée de Katmandou, il fait bon, parfois lourd. À 4 000, la nuit, le thermomètre passe sous zéro sans prévenir. Entre les deux, il pleut, il vente, il fait 25 °C à l'ombre à midi et 4 °C au réveil. Votre garde-robe doit répondre à tout ça sans dépasser 7 à 8 kilos sur le dos.
J'ai fait cette erreur : sac trop lourd, trop de coton, une doudoune inutile pendant huit jours puis indispensable le neuvième. Voici ce que j'emporterais aujourd'hui si je repartais demain, quantités comprises.
Points clés à retenir
- Le système multicouche (trois couches qui se combinent) compte plus que n'importe quel vêtement individuel.
- Le coton est votre ennemi : il retient l'humidité et sèche en une éternité.
- Deux t-shirts en laine mérinos suffisent pour dix jours de marche.
- Comptez environ 7 à 8 kilos de sac pour un trek de deux semaines en lodge.
- Vous trouverez à Katmandou et Pokhara de quoi compléter, souvent à prix doux.
- Les extrémités (mains, tête, pieds) décident de votre confort bien plus que le nombre de pulls.
Le principe des trois couches : la seule règle qui compte vraiment
Oubliez les listes interminables. Un trek au Népal se gère avec un empilement de couches que vous ajoutez et retirez toute la journée. Le matin à 3 800 mètres, vous partez avec tout sur le dos. À midi, au soleil, vous êtes en t-shirt. À 15 heures, sous un ciel qui se couvre, vous remettez la polaire. Le soir au lodge, il fait 6 °C dans la salle commune et vous ressortez la doudoune.
Les trois couches, concrètement
- Couche 1, contre la peau : deux t-shirts manches longues en laine mérinos. Elle régule la transpiration, ne sent pas mauvais après trois jours et sèche vite. J'ai fait huit jours avec un seul avant de le laver.
- Couche 2, l'isolation : une polaire fine (200 g/m² environ) et une doudoune légère compressible en duvet ou synthétique. Certains n'emportent que la doudoune ; moi je garde les deux, parce que la polaire sert aussi en salle commune le soir.
- Couche 3, la protection : une veste imperméable respirante avec capuche. Le poncho, franchement, je déconseille au-dessus de 3 000 mètres : il claque au vent et vous transforme en voile.
Un détail que personne ne mentionne jamais : la couche 3 doit passer par-dessus la doudoune. Testez l'empilement complet chez vous avant de partir. J'ai vu un trekkeur bloqué avec une veste imperméable deux tailles trop juste une fois la doudoune enfilée.
Quelle liste de vêtements, avec les quantités ?
Voici ce que je mets réellement dans le sac pour deux semaines de trek en lodge, hors haute saison extrême. Les quantités sont volontairement basses : on lave tous les trois ou quatre jours, à l'eau froide, dans un seau.
| Pièce | Quantité | Pourquoi |
|---|---|---|
| T-shirts mérinos manches longues | 2 | Régulation, anti-odeur, séchage rapide |
| Polaire fine | 1 | Couche du soir et des pauses |
| Doudonne compressible | 1 | Indispensable au-dessus de 3 500 m |
| Veste imperméable respirante | 1 | Pluie, vent, froid |
| Pantalon de trek déperlant | 1 | Le pantalon principal |
| Pantalon léger ou short | 1 | Journées chaudes en vallée |
| Sous-vêtements techniques | 3 | Pas de coton |
| Chaussettes de randonnée | 3 paires | Une sur soi, une en séchage, une propre |
| Legging ou collant thermique | 1 | La nuit et les matins glacés |
| Bonnet, buff, gants | 1 de chaque | Le froid arrive par la tête et les mains |
Le total tourne autour de 3,5 kilos de textile. C'est peu, et c'est suffisant. Le vrai piège n'est pas le manque, c'est le surplus : chaque pièce en trop est un kilo porté sur 15 kilomètres de dénivelé.
Faut-il acheter des vêtements sur place, à Katmandou ?
Oui, partiellement, et c'est une bonne stratégie pour alléger le sac à l'aller. Thamel, à Katmandou, et Lakeside, à Pokhara, regorgent de boutiques de matériel : doudounes, polaires, pantalons, bâtons. Les prix sont bas, la qualité variable. J'ai acheté une polaire à Pokhara qui a tenu deux treks sans problème ; j'ai aussi vu des doudounes dont le duvet s'échappait dès le premier jour. Marchandez, testez les coutures, et gardez les chaussures pour la France — c'est la seule pièce que je n'achèterais jamais sur place.
Quelle chaussure pour un trek au Népal ?
Une chaussure de randonnée montante, imperméable, avec une bonne accroche. C'est la réponse courte. La longue : le terrain népalais est fait de pierres instables, de marches irrégulières et de passages boueux, et vos chevilles vous remercieront de les avoir couvertes.
Pour un trek classique type Annapurna ou Everest base camp, une tige mi-haute suffit. Le gore-tex est un vrai plus dans les zones humides. Prenez une demi-taille au-dessus de votre pointure habituelle, parce que les pieds gonflent avec l'altitude et l'effort, et testez avec les chaussettes que vous porterez réellement. Un trekkeur de mon groupe a terminé son trek avec deux ampoules grosses comme des pièces de monnaie parce qu'il avait gardé ses chaussures de trail trop serrées. Le trail pur, justement, je le déconseille au-dessus de 4 000 mètres.
Ajoutez une paire de sandales légères pour le lodge. Elles pèsent 300 grammes et sauvent les soirées.
Comment s'habiller au Népal selon la saison et l'altitude ?
La question qu'on me pose le plus souvent est celle du mois. Voici l'essentiel, sans jargon.
Comment s'habiller au Népal en octobre et en novembre ?
Ce sont les deux meilleurs mois pour marcher : ciel dégagé, air sec, températures douces en journée. En dessous de 3 000 mètres, t-shirt et pantalon léger suffisent l'après-midi. Au-dessus de 3 500, prévoyez la doudoune et le bonnet dès le soir. En novembre, les nuits deviennent vraiment froides au-dessus de 4 000 mètres : comptez des températures négatives, parfois marquées, et un vent qui pique. C'est la saison où je rajoute un collant thermique et une seconde paire de gants.
Comment s'habiller au Népal pour une femme ?
Les mêmes couches que pour tout le monde, avec deux ajustements. D'abord, un pantalon de trek ample ou un legging porté sous une jupe-culotte : dans les villages et les monastères, une tenue couvrante est appréciée. Ensuite, prévoyez un foulard ou un buff large, utile contre le vent, la poussière et, ponctuellement, pour se couvrir la tête dans un lieu de culte. Rien de contraignant, vraiment. Le Népal des sentiers est très habitué aux trekkeuses.
Et pendant la mousson ?
De juin à septembre, il pleut souvent, beaucoup, et les sentiers deviennent glissants. Le vêtement clé n'est plus la doudoune mais l'imperméable : veste respirante, guêtres, housse de sac. Et une seconde paire de chaussures n'est pas un luxe. Franchement, si vous avez le choix, évitez cette période.
Faut-il emporter un sac de couchage ?
Presque toujours, oui. Les lodges fournissent des couvertures, mais elles sont parfois rudes et jamais assez chaudes au-dessus de 3 500 mètres. Un sac de couchage en duvet, température confort autour de 0 °C, fait l'affaire dans la majorité des cas. Au-delà de 4 500 mètres, descendez vers -5 °C. Le sac en duvet compresse mieux et pèse moins, mais il craint l'humidité : glissez-le dans un sac étanche. Vous pouvez aussi louer un sac à Katmandou ou Pokhara, ce qui évite de le porter à l'aller. J'ai testé : la literie de location est correcte mais inégale, vérifiez le duvet avant de partir.
Trois erreurs que j'ai faites et que vous pouvez éviter
Le coton. Mon premier trek, j'avais pris deux t-shirts en coton « parce qu'ils étaient confortables ». Résultat : trempés à midi, glacés le soir, trois jours à sécher. Le mérinos a tout changé.
Le trop-plein. Ma deuxième erreur : quatre polaires. Je n'en ai utilisé qu'une. Le reste a voyagé sur mon dos pour rien.
L'oubli des extrémités. Un bonnet, des gants et un buff pèsent 200 grammes et changent complètement la sensation de froid. Je les ai oubliés une fois. Une seule.
Ce qui reste, au fond
La liste parfaite n'existe pas. Ce qui existe, c'est un système : trois couches qui se combinent, des matières qui sèchent, des quantités basses et une bonne paire de chaussures. Le reste, vous l'ajusterez en marchant, en lavant, en retirant une pièce.
Et si vous hésitez encore devant votre sac ouvert : posez la question à votre guide avant le départ. C'est lui qui connaîtra la météo de la semaine et l'altitude exacte de votre itinéraire. La meilleure liste de vêtements pour un trek au Népal est celle qu'on adapte, pas celle qu'on recopie.